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Le prurigo est une pathologie cutanée (dermatose). Cette pathologie est papuleuse, c'est-à-dire que les lésions cutanées sont des papules (boutons ne contenant pas de liquide, roses ou rouges). Elle est également prurigineuse, les lésions provoquent des démangeaisons importantes (prurit) et excoriée, les lésions ont un aspect écorché.

Il existe plusieurs formes de prurigo, on parle du prurigo primitif ou secondaire, c'est-à-dire associé à une pathologie non cutanée. On trouve des formes aigües, le prurigo strophulus et des formes subaigües ou chroniques : le prurigo actinique ou le prurigo nodulaire de Hyde.

Toutes les infos dans notre article.

Prurigo strophulus : causes, symptômes et traitement

Le prurigo strophulus est un prurigo aigu d’origine allergique touchant préférentiellement les enfants entre 2 et 7 ans au cours de la période estivale. Les enfants présentant un terrain atopique et/ou vivant dans des conditions socio-économiques défavorisées sont prédisposés à ce type de prurigo :

  • Le prurigo strophulus résulte d’une réaction allergique de l’enfant à des parasites de l’environnement : des acariens présents dans les poussières de maison ou présents sur les animaux domestiques (chiens, chats), les aoûtats (parasites présents dans l’herbe), les puces, les moustiques, les punaises, les fourmis rouges.
  • L’éruption cutanée survient environ 48 heures après le contact avec le parasite (simple contact ou piqûre), et persiste pendant 2 à 10 jours. Les lésions cutanées sont caractéristiques et suffisent au diagnostic : des lésions très prurigineuses (démangeaisons importantes) sur les parties découvertes du corps, des papules rouges avec, souvent, une petite vésicule centrale, et parfois des lésions avec des croûtes, des bulles ou prenant la forme d’une urticaire.

Le traitement du prurigo strophulus consiste à traiter les symptômes de la maladie avec des antihistaminiques pour soulager le prurit et des corticoïdes locaux (crèmes, pommades) à appliquer sur les lésions pour traiter la réaction allergique locale. 

Des mesures de prévention peuvent être prises pour éviter la survenue ou la récidive du prurigo strophulus chez les enfants présentant un terrain atopique :

  • la suppression des moquettes, des tapis, des rideaux et des matelas en laine ;
  • la limitation du nombre de peluches ;
  • l’utilisation de sprays contre les insectes et la protection vestimentaire lors des sorties. 

Qu'en est-il du prurigo actinique ?

Le prurigo actinique est une affection cutanée (dermatose) liée à l’exposition solaire, qui touche particulièrement les femmes. Cette pathologie reste rare en Europe, mais répandue en Amérique où elle touche particulièrement les personnes d’origine indienne ou asiatique.

Le prurigo actinique est un prurigo subaigu, qui apparaît pour la première fois dans l’enfance, avant de régresser totalement à l’adolescence. Dans certains cas, il persiste jusqu’à l’âge adulte.

Le prurigo actinique se manifeste par des lésions caractéristiques :

  • Les zones du corps exposées à la lumière se couvrent initialement de papules (boutons) et de plaques prurigineuses (plaques rouges qui démangent fortement).
  • Les lésions cutanées initiales s’étendent aux zones non exposées à la lumière (tronc, fesses).

Le prurigo actinique se manifeste sous formes de poussées de quelques semaines au printemps et en été, puis de rémissions en automne et en hiver. Les lésions laissent souvent des cicatrices.

Selon les patients, d’autres symptômes peuvent s'ajouter aux lésions cutanées :

  • une photophobie importante ;
  • une alopécie des sourcils (perte des sourcils) ;
  • une chéilite : inflammation de la commissure des lèvres, avec parfois la présence de fissures ;
  • une conjonctivite chronique ;
  • un ptérygion : lésion bénigne de la conjonctive (membrane externe de l'œil).

Le prurigo actinique est provoqué par une exposition au soleil sur une longue période de l’année. Les mesures de protection contre le soleil sont donc capitales (port de vêtements longs, utilisation de crèmes solaires).

Les deux seuls traitements efficaces contre la maladie sont :

  • La photothérapie en cabine UVA ou UVB à des doses très progressivement croissantes.
  • Le thalidomide, prescrit avec précaution en raison de ses risques d’effets secondaires neurotoxiques et tératogènes (malformations du fœtus en cas de grossesse).

Zoom sur les prurigos chroniques

Les prurigos chroniques sont généralement secondaires, c’est-à-dire associés à une autre maladie ou à un état physiologique :

  • des pathologies hématologiques (lymphome de Hodgkin, maladie de Vaquez) ;
  • une néoplasie importante ;
  • des réactions médicamenteuses ;
  • des troubles hépatiques (cholestase) ;
  • des troubles endocriniens (diabète, troubles de la thyroïde) ;
  • certaines infections parasitaires ;
  • au cours de la grossesse (prurigo gravidique) ;
  • au cours de certaines névroses.

Les prurigos chroniques se manifestent par des lésions cutanées caractéristiques : des papules prurigineuses et des lésions se concentrant surtout dans des régions accessibles au grattage (haut du dos, cuir chevelu, creux des reins, fesses, bras et jambes). 

Les prurigos chroniques durent plusieurs années.

Le traitement des prurigos chroniques est double :

  • La maladie non-cutanée associée au prurigo est traitée, si un traitement est possible. 
  • Le traitement du prurigo en lui-même : des antihistaminiques pour soulager le prurit, des corticoïdes locaux associés au calcipotriol pour réduire l’inflammation locale, des corticoïdes injectés dans les lésions dans le cas du prurigo nodulaire de Hyde, la puvathérapie (exposition aux UVA après la prise d’un médicament photosensibilisant).

Mais tous ces traitements ne satisfont pas près de 60 % des patients. C'est pour cette raison que les études se poursuivent et qu'un anticorps monoclonal, le némolizumab, a été testé chez des patients présentant un prurigo nodulaire sévère. Dès la 1ere semaine de traitement, les patients sous némolizumab ont présenté une réduction très significative de l’intensité du prurit qui s’est accompagnée d’une amélioration du sommeil. Au bout de trois mois, 44 % des malades traités par ce biomédicament ont vu 75 % de leurs lésions guéries.